| Lettre adressée au Ministre des affaires
étrangères du Canada par une Israélienne, suite a sa déclaration
concernant l’élimination par Israël du chef terroriste fondateur du Hamas
le scheik Ahmed Yassine.
(Traduction Edmond Silber et Renée Levy)
24.3.2004
Cher Monsieur le Ministre Graham,
Peut-être que si vous viviez dans un pays où vos enfants doivent
s'inquiéter lorsqu’ils montent dans un autobus, fréquentent des cafés ou
participent à des visites éducatives organisées, et que vous soyez obligés
de prier qu’ils ne soient pas attaqués, vous pourriez commencer à
comprendre le quotidien que nous vivons. Yassine n'est aucunement
différent de Ben Laden et tout le monde est prêt à admettre qu’il fallait
l’éliminer. La différence est que l’on condamne Israël lorsque cet État
essaie de se protéger.
Je suis très, très déçue que dans mon pays natal, le Canada, notre droit
d'exister et de vivre en paix est critiqué et nous est nié. Je me demande
comment vous pouvez être contre l’élimination d'un terroriste notoire qui
a enlevé la vie à plus de 400 personnes et en a handicapé des milliers
d'autres. Nous sommes un pays très civilisé et si nous avions le moindre
espoir de pouvoir entamer des pourparlers sérieux avec un terroriste et
que notre droit d'exister serait accepté et que les bombardements
terrifiants cesseraient, je peux vous assurer que nous n'aurions pas
éliminé Yassine. Cependant, cela n’a pas été le cas et si vous viviez le
carnage quotidien que nous subissons depuis trois ans et demi, peut-être
que vous seriez du même avis que nous.
Depuis trop longtemps déjà nous avons fait preuve de trop de retenue.
D.I.E.U. vous préserve, si l'ennemi entrait dans votre maison, je vous
demande Monsieur le Ministre, feriez-vous preuve de retenue ? Si le
terroriste était dans l'autobus qu’aurait pris votre fille, ou dans la
chambre à coucher de votre fils, ou que vous le trouviez planté là, avec
une ceinture explosive, à regarder votre femme prendre un café, seriez
vous toujours capable de me regarder dans les yeux ou de regarder votre
femme dans les yeux et lui dire : « je pense que nous devrions l'inviter à
s’asseoir et discuter ». J'ai honte de penser que mon gouvernement, même
le temps d’une minute, ne comprenne pas les ravages du terrorisme.
M. Graham, je suis une psychologue diplômée pratiquant en clinique ici en
Israël et précédemment au Canada. Je vous invite à venir vous asseoir avec
moi, dans mon bureau où je travaille, où je rencontre quotidiennement ceux
qui ont subi le traitement « des petits jeux amicaux » de votre ami M.
Yassine. J’espère que vous n’ayez jamais à vivre ce que ces gens ont vécu.
Que la providence vous épargne les moments difficiles que ces personnes
ont subis. Je vous souhaite de n’avoir jamais à faire face à ce que nous
vivons tous les jours de l’année. Tant que vous ne serez pas à ma place,
M. Graham, vous n'avez pas le droit de condamner un pays qui prend les
moyens nécessaires pour se défendre. Avec la forte hausse de
l'antisémitisme au Canada, le terrorisme sera bientôt chez vous. Ce n’est
qu’une question de temps.
Dr. Batya L. Ludman
Israël
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