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Le Monde
21 bis rue Claude Bernard
75242 – Paris
Cedex 05
France
Attn: M. Edwy Plenel, Directeur de
la rédaction
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Re : Israël/Résolution 242
Monsieur le Directeur,
J’ai envoyé à votre journal, le 23 avril dernier, un message e-mail
concernant Israël et la Résolution 242 des Nations Unies, dont je vous ai
adressé copie par courrier le 2 mai suivant. N’ayant reçu aucune réponse à
ce jour, je me permets d’en répéter les termes.
Dans votre article du 23 avril 2002 intitulé : « Ariel Sharon : La paix à
notre portée », Le Monde indique que la Résolution des Nations Unies 242
concerne CIT le repli d’Israël des territoires occupés FINCIT. Or, voici
l’extrait de cette Résolution concernant « le repli d’Israël » tel
qu’adoptée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies le 22 novembre
1967 : |
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The Security
Council,…
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Affirms that the fulfillment of Charter principles requires the
establishment of a just and lasting peace in the Middle East which should
include the application of both the following principles:
(a)
Withdrawal of Israel armed forces from territories
occupied in the recent conflict ;
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Comme vous pouvez le constater, il ne s’agit nullement
du retrait de tous les territoires capturés par Israel (occupés – sauf
Gaza - pendant 18 ans par la Jordanie), mais de certains territoires qui
ne sont pas mentionés. En fait, ni la Samarie, ni la Judée, ni Gaza, ni
Jérusalem-Est ne figurent dans la Résolution.
Ce n’est pas par mégarde, mais bien intentionnellement, que la demande de
retrait ne visait pas l’ensemble des territoires repris à la Jordanie. Le
texte de la Résolution avait été très soigneusement rédigé afin de
refléter la réalisation par la communauté internationale que les
frontières d’Israël d’avant 1967 étaient indéfendables et ne pourraient
qu’inciter le renouvellement des aggressions Arabes. Les commentaires de
la communauté internationale que je reproduis ci-dessous confirment ce
fait (je les ai laissés dans leur langue d’origine afin de n’en pas
dénaturer le sens) :
Lord Caradon, Chief Architect of the Resolution :
It would have been wrong to demand that Israel return to its positions of
June 4, 1967, because those positions were undesirable and artificial.
After all, they were just the places where the soldiers of each side
happened to be on the day the fighting stopped in 1948. They were just
armistice lines. That’s why we didn’t demand that the Israelis return to
them.
George Brown, Britain’s Secretary of State for Foreign and Commonwealth
Affairs in 1967 :
The proposal said : « Israel will withdraw from territories that were
occupied » and not from « THE » territories, which means that Israel will
NOT withdraw from all the territories.
Eugene Rostow, an American drafter of Resolution 242 :
Motions to require the withdrawal of Israel from « the » territories, or
from « all the » territories occupied in the course of the Six Day War
were put forward many times with great linguistic ingenuity. They were all
defeated, both in the General Assembly and in the Security Council.
Arthur Goldberg, U.S. Ambassador to the United Nations, said that
there would be « less than a complete withdrawal » from the territories
because « Israel’s prior frontiers had proved to be notably insecure. » |
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En laissant entendre que les Nations Unies ont exigé en
1967 le repli d’Israël sur ses frontières de 1948 d’une part, et d’autre
part que les mesures à prendre pour la résolution du conflit incombaient à
Israël seul, vous mésinformez vos lecteurs. Voici en effet le texte du
paragraphe suivant de la Résolution 242 :
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The Security Council,…
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Affirms that the fulfillment of Charter principles requires the
establishment of a just and lasting peace in the Middle East which should
include the application of both the following principles:
(a) Withdrawal of Israel armed forces
from territories occupied in the recent conflict ;
(b) Termination of all claims of states
of belligerency and respect for and acknowledgement of the sovereignty,
territorial integrity and political independence of every State in the
area and their right to live in peace within secure and recognized
boundaries free from threats or acts of force ;
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Il est
vraiment curieux que ce 2ème paragraphe, destiné à assurer la
protection d’Israël contre l’agression et les actes de belligérence de ses
voisins, ne soit jamais mentionné par la presse actuelle, car nous savons
tous comment cette demande de cessation des hostilités par les Nations
Unies a été respectée par les adversaires d’Israël.
Qu’il s’agisse d’un oubli plus ou moins volontaire, ou d’ignorance de la
part du rédacteur de l’article que vous avez publié, il me semble qu’une
rectification s’impose. Je ne doute pas que l’objectivité à laquelle
aspire votre journal et le souci de ne fournir à vos lecteurs que des
informations exactes ne vous incitent à prendre au plus tôt l’action
appropriée.
En vous en remerciant
par avance, je vous prie d’agrér, Monsieur le Directeur, l’expression de
mes sentiments distingués.
N.P. |
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