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Eitan Ronel, un lieutenant-colonel à la retraite, a rendu ses insignes
au chef d'état-major cette semaine, accompagnés d'une lettre pleine
d'amertume. "La vie humaine a perdu sa raison d'être et les valeurs avec
lesquelles nous avons été éduqués, telle que la pureté des armes, ont
pris la tournure d'une mauvaise blague" a-t-il déclaré au Haaretz du 4
janvier.
Les protestations de Ronel contre l'attitude de Tsahal dans les
territoires ne sont ni les premières ni les dernières. Les pilotes de
réserve, les commandos d'état-major et les élèves de terminale l'ont
fait avant lui. Et avant eux, quatre anciens chefs du Shin Beth et un
ancien chef du Mossad. Pour couronner le tout, nous avons les
associations Betselem et Gush Shalom en plus des Beilin, Sarid et Burg
qui ont à coeur la paix avec les Palestiniens et partagent leur douleur.
Nous avons des comités d'enquêtes qui s'interrogent sur le comment et le
pourquoi de la mort de femmes et d'enfants palestiniens lors de telle ou
telle opération. Nous avons une Haute Cour de Justice que tout
Palestinien peut saisir. Nous avons des médias qui ne passent sous
silence aucune injustice ni aucun faux-pas. Nous avons des chroniqueurs
dont les coeurs souffrent avec ceux des Palestiniens.
Ce que j'aimerais savoir c'est pourquoi il n'y a personne de l'autre
côté s'insurgeant contre la politique de haine et de sang de l'Autorité
palestinienne. Où est leur Betselem ? Où sont les objecteurs de
conscience palestiniens qui s'opposent au meurtre de femmes et d'enfants
?
Comment se fait-il que lorsque des civils sont tués accidentellement au
cours d'une de nos opérations militaires, tout le monde exige
immédiatement une enquête, alors que leurs terroristes-suicides
n'hésitent absolument pas à monter dans un bus bondé d'enfants ou
d'entrer dans un restaurant et de se faire exploser, pleinement
conscients des morts qu'ils entraînent avec eux ? Non seulement personne
ne les dénonce, mais leurs familles sont traitées avec respect et se
voient attribuer pensions et allocations.
Tandis que nous discutons âprement des différentes façons de résoudre le
conflit, le gouvernement palestinien n'en à qu'une: celle de la
violence. Dès le berceau, les Palestiniens sont abreuvés de haine
d'Israël ; dès leur plus tendre enfance, on leur inculque que le sort de
tout Juif est de mourir. Dans leurs manuels scolaires, on ne dit pas,
évidemment, que ceux qui leur ont usurpé leurs droits étaient les pays
arabes qui, en 1948, ont envahi la terre qui leur avait était attribuée
par le plan de partition de l'ONU. On ne dit pas qu'ils ont été libérés
de l'occupation arabe qu'en 1967- par Israël. En réalité, cela a été
plus facile pour eux d'aspirer à un Etat indépendant sous contrôle
israélien que cela l'aurait été sous domination jordano-égyptienne. A
chaque fois que l'on parvient à un moment historique - les accords
d'Oslo, l'initiative Clinton-Barak- c'est là qu'ils perpètrent leurs
attentats-suicide au coeur de la population israélienne. Les
Palestiniens ont franchi toutes les limites. Ils ont transformé les
pacifistes israéliens en radicaux, les poussant à une coléreuse
rébellion contre leur environnement. Mais alors que nous réagissons, que
nous nous torturons l'esprit, alors que nous n'arrêtons pas une seconde
de nous demander si nous n'avons pas exagéré et qu'il est peut-être
temps d'arrêter, les Palestiniens n'ont jamais exprimé le moindre regret
concernant une attaque, quelque soit son importance ou sa cruauté. Au
lieu que l'Autorité palestinienne contrôle le Hamas, c'est le Hamas qui
donne le ton. Même en temps de douleur et de souffrance, les deux
peuples se situent à deux extrémités opposées. Quand nous enterrons nos
morts, nous pleurons silencieusement sur leurs tombes. Chez eux, chaque
enterrement devient une démonstration de haine et d'incitation contre
Israël.
Un débat houleux divise la société israélienne. Le gouvernement est
critiqué pour ne pas faire assez pour mettre fin au conflit. Avant les
Intifadas, il y avait des signes précurseurs d'une possible coexistence.
Des dizaines de millier d'Israéliens se rendaient dans les territoires
pour soigner leurs dents, pour réparer leurs voitures, pour aller au
marché. Des centaines de millier de Palestiniens travaillaient en Israël.
Aujourd'hui, le seul contact se fait par le canon d'une arme, un barrage
de l'armée, un hélicoptère, des missiles Qassam et des ceintures
d'explosifs. Les opérations de représailles de Tsahal sont peut-être
brutales, mais il y a également des gens qui compatissent pour le sort
amer des Palestiniens. Ici, on trouve de la colère mêlée à de la
compassion ; là-bas, on trouve de la colère mêlée à de la haine. En
Israël, sous la surface apparente, demeure toujours un espoir de paix.
Chez eux, la haine est totale et aveuglante. Pourtant ils ont, déployée
sous leurs yeux, la feuille de route de Bush qui leur donne un Etat
indépendant. Et pourtant, ils ne veulent pas franchir la première étape
qui puisse leur ouvrir la porte de cet Etat : démanteler les
infrastructures terroristes. Abou Mazen a été renvoyé et Abou Ala suivra
les ordres d'Arafat qui n'a d'autre mère que le terrorisme.
Ce n'est pas une barrière qui changera les choses, mais plutôt l'abandon
par les Palestiniens du mur de la haine qu'ils ont bâti entre les deux
peuples.
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