| Avec la violente prise de
pouvoir du Hamas dans la bande de Gaza (mi juin 2007), Israël a réduit
ses fournitures régulières, limitant les entrées aux produits de
première nécessité pour la population gazaouie. Bien qu’il n’y ait
aucune crise humanitaire dans la bande de Gaza, le Hamas fait en
sorte de mettre en relief des crises ponctuelles et de les présenter
comme des épreuves endurées par toute la population.
Y a-t-il vraiment une crise humanitaire ?
La définition admise de « crise humanitaire » est une
détresse prolongée dans la population résultant d’un manque de
ressources de première nécessité, qui nuit physiquement ou
psychologiquement à cause d’une carence significative de nourriture,
d’habits et de médicaments, et également à cause d’une manque de
salubrité. Là où il y a une crise humanitaire, la population souffre de
famine, de degrés importants de malnutrition, de maladies sévères et
fréquentes, et parfois de morts résultant d’une nutrition et de soins
très pauvres.
La revendication du Hamas qu’il y a une crise
humanitaire est contredite, par exemple, par les points suivants :
1- Manque de nourriture :
dans la crise actuelle, personne ne prétend– pas même le Hamas !- qu’il
y a carence de produits alimentaires, que les gens sont affamés ou
qu’ils sont plus malades que d’habitude. De plus, il y a d’autant moins
carence que l’UNWRA a en stock dans ses entrepôts suffisamment de
nourriture pour les besoins des habitants pendant au moins 10 jours,
si une véritable crise alimentaire advenait.
2- Manque d’électricité et de fuel
: il y a en effet une sévère restriction en fuel en certains endroits,
pour un jour, qui empêche de faire fonctionner des stations locales
d’électricité alimentées au fuel. Mais en aucun cas, cette
restriction n’a eu d’effet sur les systèmes vitaux, tels que les
hôpitaux, les stations d’eau etc. Le Hamas,
du reste, a des réserves de fuel significatives qui auraient pu pallier
les restrictions, mais il a choisi de garder ces réserves pour faire
fonctionner ses usines de fabrication de roquettes.
Le site palestinien Pal-Press a mis en ligne, le 20
janvier 2008, les commentaires d’un patron d’une station de carburant –
qui a voulu rester anonyme, car le Hamas a pris le contrôle du fuel qui
entre dans la bande de Gaza (et en récupère une large partie). Selon cet
homme, le fuel destiné aux hôpitaux a été réquisitionnés par le Hamas
pour ses dirigeants, pour la station de télévision al-Aqsa et pour ses
services de sécurité. Le site révèle que, d’après des sources locales,
un garde du corps d’Ismaïl Haniyeh (Premier ministre Hamas) a volé du
carburant pistolet au poing à l’hôpital Shifa de Gaza, ainsi que de
plusieurs stations d’essence, pour les véhicules d’Haniyeh et de son
entourage.
Quant à l’électricité, Israël, malgré les rapports
alarmistes des médias, a continué à fournir à Gaza de façon
ininterrompue 124 Megawatts, c'est-à-dire environ 70% des besoins en
électricité de Gaza.
Le Hamas a préféré mettre en scène les habitants de
Gaza plongés dans le noir, en convoquant les médias arabes dont certains
se sont rendus complices. Mais tous les clichés non « autorisés »
montrent sans ambigüité possible qu’il s’agit d’une tromperie destinée à
émouvoir l’opinion internationale : les plans larges montrent, derrière
les processions à la bougie, les magasins et les réverbères alimentés en
électricité, comme d’habitude. Même une réunion des membres du Hamas
éclairés à la bougie ne peut cacher que les rideaux ont été tirés, car
il est 13h00 et il fait jour !
Voir le diaporama
3- Manque de médicaments et carences dans les
hôpitaux : les hôpitaux ont des réserves – dont ils ont refusé de
communiquer la quantité- ce qui fait qu’ils n’ont pas atteint le point
critique au-delà duquel ils ne peuvent plus prodiguer de soins. De plus,
le Hamas s’est servi dans les réserves de médicaments.
Le ministre palestinien de la Santé s’est même plaint
(agence de presse Maan, 13 janvier 2008) de ce que le Hamas a volé des
camions contenant des médicaments qui étaient envoyés de Ramallah (Cisjordanie)
à la bande de Gaza, précisant que des miliciens du Hamas ont volé les
médicaments, qui se retrouvent dans des hôpitaux privés, des pharmacies
ou des centres médicaux appartenant au Hamas. L’hôpital Al-Wafa
Shijaia, propriété du Hamas, est un exemple d’hôpital privé équipé avec
des équipements initialement destinés aux hôpitaux généraux. Les
exemples sont nombreux où le Hamas volent médicaments et équipements
envoyés par le gouvernement palestinien Fatah de Cisjordanie, et
destinés à toute la population, pour ses propres besoins, et utilise
ensuite les carences des hôpitaux publics pour faire sa propagande.
4- Problèmes économiques
: Ce sont Salam Fayad et Mahmoud Abbas qui transfèrent les fonds
destinés à la population gazaouie. Mais le Hamas exploite son contrôle
du côté palestinien du corridor Philadelphie pour faire de la
contrebande d’armes et d’argent, à travers les tunnels creusés entre la
bande de Gaza et l’Egypte. Les milices armées du Hamas reçoivent une
part substantielle de ce budget, estimé à des dizaines de millions de
dollars. L’argent que le Hamas reçoit lui sert à renforcer et à
augmenter le nombre de ses membres, et pas du tout à subvenir aux
besoins de la population palestinienne de la bande de Gaza.
Conclusion
L’exagération et la propagande font partie de la
stratégie du Hamas pour attirer les condamnations sur Israël. Cette
stratégie se fait aux dépens de la population gazaouie dont les biens
sont détournés aux fins militantes et guerrières. Les médias arabes, en
particulier Al-Jazeera, contribuent grandement à cette propagande qui
vise l’opinion internationale, mais aussi les Palestiniens eux-mêmes.
Note : la fermeture
ponctuelle des points de passage entre Israël et la bande de Gaza,
décidée par le gouvernement israélien, est une conséquence des tirs
quotidiens de roquettes et obus de mortier sur le territoire israélien
(plus de 1500 depuis mi-juin 2007). Le Hamas a même tiré des obus de
mortier sur un point de passage par lequel des camions apportaient des
fournitures à la bande de Gaza ! |